«Musika», une histoire du Congo programmée pour la Troisième édition du festival « Buja sans tabou »

ArthurBan2 acteurs burundais sur la scène de l’IFB présentant la pièce «Musika».©Akeza.net

Ce Vendredi 16 et Samedi 17 février, à l’Institut Français du Burundi (IFB) ’’Musika’’, pièce du dramaturge burkinabé Aristide Tarnagda, a touché plus d’un spectateur. Une immersion dans le quotidien des congolais  victimes, entre autres, de l’exploitation du coltan.

A la fermeture des portes, 18h15, presque toutes les places sont occupées. Des amoureux du théâtre qui n’attendent que de découvrir la pièce  ‘’Musika’’, Nom que porte également la jeune fille qui se voit contrainte, sous la menace d’une arme, de laisser son amoureux, Simba, partir creuser du coltan pour un certain mercenaire du nom de John. Ce dernier n’a qu’une mission : remplir des sacs de coltan et reprendre l’avion pour l’occident et honorer la commande pour la fabrication des téléphones, des ordinateurs, des thermomètres que les grandes entreprises lui  revendront à prix d’or,…

Mais à quel prix ? Simba est forcé de laisser seule sa dulcinée ‘’Musika’’, enceinte, parmi des ‘’chiens errants’’ qui l’ont violée. Il risque également de perdre sa vie en creusant sans relâche, battu-calomnié-assoiffé, pour le bénéfice des multinationales, des bailleurs,… On dit souvent qu’un creuseur de minerais ne devient jamais riche ! Simba, les disparus, les innombrables femmes violées, les orphelins sont les premieres victimes de ce commerce macabre qui s’exerce au vu et au su du monde entier.. Tout cela au profit du capitalisme, de la vie de consommation.

« Une pièce primée pour sa profondeur »

« Ce qui se passe au Congo est innommable ! Je me demande s’il y a des mots pour le dire », s’est indigné Aristide Tarnagda sur les ondes de la radio Prague, au moment où il présentait sa nouvelle pièce ‘’Musika’’ à l’édition 2016 du festival Afrique en création à Prague. La situation au Congo lui semble inhumaine et anachronique. Pour lui, notre façon d’être face au monde est importante, plus que notre façon d’avoir’. « Car c’est notre façon d’avoir qui nuit à notre façon d’être. Ce qui fait qu’aujourd’hui des gens sont réduits, sont chosifiés. »

Sélectionnée pour le Prix théâtre RFI 2015, ‘’Musika’’ met en lumière et dénonce une situation atroce qui prévaut à l’Est de la République Démocratique du Congo. Une exploitation et un commerce de matières premières, qui est la cause des conflits les plus sanglants de notre temps depuis plusieurs décennies entre différents groupes armés. Aristide Tarnagda veut que chacun, où qu’il soit, se sente responsable de ce qui s’y passe et participe à trouver une solution durable.

lefestivalL’affiche de la 3ème édition de Buja Sans Tabou 2018

Pour Arthur Ban, metteur en scène de la pièce et membre de la compagnie Umunyinya, les deux jours ont été couronnés de succès, mais son humilité  ne le trahit pas : « Le premier jour, nous avons enregistré des imperfections, mais le second jour, c’était mieux. Nous avons des défis à relever afin d’améliorer notre prestation sur scène. » La pièce a été interprétée par des membres de 5 troupes théâtrales burundaises : Umunyinya, Umushwarara, Yetu Drama, Les Enfoirés de la Sanoladante, et Shakespearean.

«Musika» sera également rejouée pendant la 3ème édition du Festival de théâtre ‘’BUJA SANS TABOU’’ qui se tiendra du 2 au 11 avril (formations) et du 12 au 15 avril (Spectacles) 2018. Les lieux de représentation sont : dans les bars ‘’Chez Gerard’’, à l’Institut Français du Burundi (IFB) et au Centres d’Etudes de Langues au Burundi (CELAB).

Des artistes du Burkina Faso, de la Belgique, de la RDC et ceux du Burundi seront présents, un rendez-vous à ne pas manquer !