‘’Tais-toi et creuse’’, une comédie grinçante à la 3è édition de ‘’Buja sans tabou’’

creuseCe premier texte d’Hala Moughanie, qui a reçu le Prix Théâtre RFI 2015, sera jouée durant le festival. « J’ai trop hâte d’y être pour ma première fois », confie Linca Lyca Mugisha, (metteur en scène de la pièce), ce 6 mars à Akeza.net.

L’histoire réunit une famille : le père, la mère et le fils autour d’un trou dans une décharge. Ils creusent, ils fouillent, pour essayer d’en sortir des ruines, des matériaux à revendre, des souvenirs,… Ils sont rejoints par deux représentants de l’ordre qui perturbe un équilibre familial problématique. Alors, se livre, autour du trou, une lutte pour le pouvoir et le désir,…, une lutte qui renforce les quêtes de chacun, leurs angoisses et réalités. Le trou renvoie à un vide, c’est une question de mémoire et les personnages ont des manques à remplir.

Le père est la caricature du libanais commerçant, la mère est une espèce de femme-caméléon vacillant entre fragilité et frivolité et quant au fils qui est obsédé par la question de la mémoire est la personne la plus authentique et sincère. Enfin les deux hommes en uniforme représentent l’état policier et sécuritaire. La pièce fait écho à l’expérience propre que son auteure a vécue dans son enfance pendant la guerre civile et celle de 2006 entre Israël et la Liban.

Durant toute la pièce, qui est son premier texte théâtral, on ressent une nécessité chez Hala Moughanie d’évoquer cette souffrance laissée par ces deux guerres. De la mettre face à la société pour l’obliger à se regarder. Une histoire qui rejoint celles qu’a connues le peuple burundais entre autres en 1972 et 1993.

‘’Buja sans tabou’’ promeut les futurs passionnés du théâtre

Linca Lyca Mugisha, s’occupera de la mise en scène de ‘’Tais-toi et creuse’’ mais aussi elle jouera dans une autre pièce ‘’Musika’’ lors du festival. Elle ne cache pas son impatience pour sa première participation dans ‘’Buja sans Tabou’’. « Il me tarde d’y être, il me tarde d’y être, …, répète-t-elle, avec un sourire. C’est ma première dans ce festival ». Pour elle, elle compte beaucoup sur les formations qui auront lieu durant le festival et aimerait participer dans celle de la scénographie. Cette dernière viendra compléter celle sur la mise en scène, sur l’écriture et sur le jeu d’acteur qu’elle a bénéficié en 2017.

Actrice, metteure en scène et bientôt scénographe, Mlle Mugisha rencontrera des artistes qui viennent des autres pays africains et d’Europe pendant le festival. « Autrui m’apprend à me connaitre, me pousse à chercher, à avancer dans ma passion. Il ne faut pas que je reste dans ma bulle alors que des choses doivent être dites à travers mes mises en scènes, à travers ‘’Buja sans tabou’’, bref à travers le théâtre », explique-t-elle avec insistance.

Slameuse au départ, elle a découvert sa passion pour le théâtre lors d’un atelier d’écriture du slam dispensé par Gaël Faye, le fils de Patrice Faye (Fondateur de la troupe ‘’Pili Pili’’. Elle s’est dit qu’elle pourrait marier les deux : le slam et le théâtre, surtout qu’elle avait déjà mis les pieds sur une scène de théâtre auparavant. Elle joue ‘’Machine 26 couloir c’’ de Patrice Faye et mise en scène par Stanislas Kaburungu et découvre que le théâtre ne lui ai pas aussi étranger qu’elle le croyait. Mlle Mugisha est, depuis 2015, directrice de la troupe YETU Drama et ce dernier interprétera la pièce lors du festival ‘’Buja sans tabou’’ qui se déroule du 2 au 15 avril 2018.