«Les Sans…» programmée pour la 3è édition festival ‘’Buja sans tabou’’

sabimbonaFreddy Sabimbona en plein mise en scène

Ali Kiswensida Ouédraogo est comédien et auteur de la pièce en collaboration avec Freddy Sabimbona. Devant le micro d’Akeza.net, il parle de son inspiration.

“Les Sans…’’ c’est l’histoire de deux camarades de lutte qui se retrouvent après dix ans de séparation. Bien vite ils réalisent qu’ils n’ont pas pris le même chemin. Franck, toujours fervent révolutionnaire, veut relancer la lutte par le boycott de la fête des indépendances et réclamer une indépendance totale, sans concession. Mais il s’aperçoit très vite que son ancien camarade est entré dans le système qu’ils combattaient ensemble. Une joute verbale s’engage alors entre les 2 protagonistes, chacun voulant convaincre l’autre du bien-fondé de sa réflexion sur le monde. La pièce est inspirée du dernier œuvre de Frantz Fanon, Les damnés de la Terre.

Pour Ali Kiswensida Ouédraogo (Burkinabé), le colon n’est pas parti. Dé là, il a eu l’envie d’écrire un spectacle pour décrire la situation néo coloniale dans laquelle vivent toujours nos pays africains. « Le colon peut être notre frère noir ou d’une autre couleur, ce n’est plus seulement le blanc », s’indigne l’auteur. La pièce a été représentée quatre fois au festival ‘’Les Récréâtrales’’ et six fois dans une tournée de théâtre, à Ouagadougou, appelée la saison du Cartel.  Le texte a été aussi lu dans le festival d’Avignon (2017) lors de la 5è édition des lectures RFI « Ça va, ça va le monde ? » ,

Noël Minoungou, l’un des acteurs dans la pièce, déclare sur http://www.artistesbf.org/  : ” Si nous espérons un décollage véritable pour l’Afrique, il faut pouvoir répondre à un certain nombre de questions que nous posons dans cette pièce et briser un certain nombre de chaînes aussi.”

L’affiche de la pièce ‘’Les sans…’’

Bref entretien avec Freddy Sabimbona, metteur en scène de ‘’Les sans…’’sur cette collaboration burundo-burkinabaise.

Dans quel cadre a lieu cette coopération ?

J’ai demandé, en 2016, à participer à une résidence comme  metteur en scène dans les Récréâtrales, un des plus grands festivals de théâtre en Afrique et qui se déroule au Burkina Faso.  Et là, j’ai croisé Ali Kiswensida Ouédraogo. Nous avons bien sympathisé et il m’a proposé de mettre en scène sa pièce et pendant deux mois nous l’avons monté avec Patrick Kabre (musicien), Noël Minoungou (acteur) et la scénographe Yasmine Yerima du Togo.

Quel a été votre ressenti ?

J’étais super content de mettre en scène pour la première fois en dehors du Burundi. C’est aussi pouvoir créer avec d’autres acteurs, apprendre d’eux et vice versa et grandir ensemble au niveau artistique. J’étais très ravi d’avoir bénéficié de cet apprentissage artistique et découvert le Burkina Faso, d’autres cultures. Nous avions une façon particulière de travailler et qui plus est nous avons créé des passerelles entre nos deux pays.

Quel est le lien de la mise en scène et ‘’Les sans…’’ ?

La pièce a été assez évidente à mettre en scène parce qu’elle parle des réalités qui prévalent dans nos pays respectifs. La pièce parle de nos vies, de nos ressentis face à des injustices sociales. C’était un travail d’équipe et nous avons d’abord parlé de nous, de notre façon de voir les choses et comment nous voyons l’avenir pour mieux se connaitre. Le lien primordial entre la pièce et la mise en scène est notre vécu en tant qu’artistes, africains et citoyens de nos pays.

Qu’est-ce qui vous motive dans le rôle de metteur en scène ?

Ma seule motivation comme metteur en scène, c’est d’abord de comprendre le texte comme l’auteur. Ensuite créer une belle mise en scène qui puisse parler au public, la rattacher à la pensée de l’auteur, les faire rêver et transporter.

Pour découvrir la pièce, rendez-vous au festival ‘’Buja sans tabou’’ du 12 au 15 avril 2018 à l’Institut Français du Burundi, au Centre d’Etude de Langues au Burundi (CELAB) et dans les bars de ‘’Chez Gérard’’ (Kinindo et Cathédrale).