Buja Sans Tabou 2018 : Pari réussi, public heureux

Buja Sans Tabou 2018 : Pari réussi, public heureux

Patrick Kabré et Mathias lors du concert de clôture de Buja Sans Tabou 2018 à l’IFB

Du 12 au 15 avril 2018, Bujumbura a vécu la 3e édition du Festival Buja Sans Tabou et d’emblée on peut dire que cette édition rimait avec ouverture et nouveauté. En effet, pour son retour en 2018, Buja Sans Tabou a proposé un programme unique cassant d’une façon particulière les codes du théâtre au Burundi. Entre spectacles dans des bars, de la musique et de la danse, Buja Sans Tabou s’est placé sous l’étendard de l’innovation faisant ainsi peau neuve. Une peau neuve qui a séduit le public de la capitale qui l’a accueilli avec beaucoup d’engouement.

 Les talents burundais à l’honneur

Tout au long de cette 3ème édition de Buja Sans Tabou, les talents burundais étaient à l’honneur. Si certains doutaient encore de la capacité des artistes burundais à produire du théâtre de qualité, Buja Sans Tabou aura permis au public de se rendre compte du talent des acteurs et metteurs en scène burundais, qui plus est, tous jeunes. Une très bonne nouvelles pour le théâtre burundais. «Umugore n’umugabo», «Tais-toi et creuse», «Musika» et «Liebe», 4 pièces de théâtre de qualité dans lesquelles acteurs et metteurs en scène burundais(es) ont fait valoir leur incroyable talent. Des performances qui forcent l’admiration et le respect de cette jeunesse qui, malgré les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, ne cessent de travailler et de repousser leur limites dans la maîtrise de ce noble art qu’est le théâtre.

Des acteurs interprétant la pièce “Tais-toi et creuse” au CELAB/Université du Burundi

Mais leur talent ne se limitait pas seulement dans le jeu d’acteur et la mise en scène. Les jeunes artistes burundais se sont également illustré dans 2 disciplines assez nouvelles dans l’univers du spectacle au Burundi : la scénographie et la danse contemporaine. Ayant des formations en marge du festival, acteurs, metteurs en scène et danseurs, ont eu l’occasion de mettre de nouveau en évidence leur talent, en restituant de manière quasi parfaite les notions apprises. Diogène NTARINDWA plus connu sous le nom ATOME s’est dit marqué par le fait de voir cette nouvelle génération aller de l’avant. «ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir une certaine génération d’acteurs et d’actrices plus jeune que moi mûrir. J’ai vu un certain stade, j’ai vu des acteurs et actrices de plus en plus accomplis, des œuvres de plus en plus matures», a-t-il dit.

Ouverture et nouveauté

Buja Sans Tabou 2018 aura été unique en son genre. Le festival a muté, évolué  en optant pour une formule nouvelle qui allie théâtre, danse et musique tout en restant fidèle à sa philosophie : parler de tout, sans tabou et surtout par le rire. En plus de son pléthore d’artistes burundais de talent, Buja Sans Tabou avait accueilli des acteurs, danseurs et musiciens venu du Rwanda, du Burkina-Faso, de la France et de République Démocratique du Congo. Le public a eu l’occasion d’assister à des pièce telles que «Les passions unis» mise en scène par Patrick Zézé (RDC), «Sage comme sauvage» (RDC), un spectacle de danse contemporaine saisissant qui a reçu une véritable ovation du publique, «l’Espèce humaine» jouée par Atome, qui a su captiver le public par son jeu, sans oublier la pièce «Délestage» du congolais David-Minoe Ilunga qui a clôturé ce festival. Un monologue de près d’1h15 qui s’est terminé sous un tonnerre d’applaudissements d’un public totalement conquis.

Le spetacle de danse “Sage comme sauvage” à l’IFB/Bujumbura

Pour marquer se virage pris en termes de programmation, Buja Sans Tabou s’est clôturé avec un concert public dans le patio de l’IFB. Un concert donné par le chanteur et guitariste burkinabais Patrick Kabré accompagné de son compatriote slameur Doueslik. Les 2 artistes ont amené le public dans un univers musical fait de slam, de jazz, de bleus avec des sonorités punk/rock. Mais ils n’étaient pas seuls. Des artistes burundais ont également partagés la scène avec nos chers invités. Nous noterons surtout la présence d’une des icônes de la musique traditionnelle burundaise à l’instar de Mathias, qui a fait une apparition sous les acclamations du public. Signalons également la présence du chanteur Yves Kami qui avait aussi pris part à cette fête.

La mixité, le mélange, l’échange, le partage, voici là quelques mots qui pourraient définir cette 3ème édition de Buja Sans tabou. Pour les artistes comme pour le public, ce fût une très belle expérience remplie de découvertes et d’expériences nouvelles en matière de théâtre et de culture de manière générale. «c’était super intéressant, j’étais super contente, c’était un moment inoubliable pour moi», nous dit Kaneza Sandrine, venue assister au spectacle.

Le festival aura donc été une réussite pour ses organisateurs et surtout, il aura permis de donner une image nouvelle, rajeunie et plus conviviale au théâtre burundais. Vivement la 4ème édition…